Attention, cet article va surtout parker de basket. Si vous faites un malaise a la simple vue d’un ballon rond, fuyez !
Au début du 20e siècle, Detroit, la plus grande ville du Michigan, était un des centres névralgiques de l’industrie automobile qui constituait une énorme partie des emplois dans les environs. Son surnom « Motor City » vient d’ailleurs de ce passé glorieux. A partir des années 50, l’industrie automobile s’effondre, ce qui détruit l’économie globale (magasins, services publics, etc) et la transforme en la plus pauvre des grandes villes américaines (un élément qui sera notamment repris dans Robocop avec son Detroit envahi par la criminalité et contrôlé par une multinationale).

Les Détroit Piston, l’équipe de basket locale, était considérée comme l’une des pires du pays. « Grâce » à leurs mauvais résultats, ils eurent le second choix de draft en 1981, et recrutèrent Isiah Thomas, un des joueurs les plus prometteurs de l’époque (qui n’était d’ailleurs pas très ravi de ce choix), pour construire autour de lui une équipe composée de parias et de joueurs de seconde zone (surtout car ils n’avaient pas le budget pour s’offrir des stars) et menés par le génial coach Chuck Daily. C’est dans ce contexte qu’est recruté Bill Laimbeer, le joueur le plus détesté d’Amérique.

Bill est une anomalie qu’aucune autre équipe n’aurait accepté dans ses rangs. N’ayant jamais fait parler de lui en rookie, il est drafté en 1982 quasiment en dernière position et vraisemblablement destiné à une carrière sur le banc, il sera récupéré par les Pistons où il gagnera une réputation de cogneur, poussant ses adversaire avec un rictus quand l’arbitre tourne le dos, se jetant sur eux pour les forcer a faire des actions répréhensibles. Il en arrivera parfois (souvent) aux mains sur le parquet avec des joueurs perdant tout contrôle face a son jeu toujours a la limite de la faute. Blanc, venant d’une famille riche (il déclarera « je suis le seul joueur NBA à gagner moins que mon père ! »), répondant toujours sur le ton de la suffisance et de la provocation, il constitue l’ennemi parfait pour une NBA majoritairement composée de joueurs afro-américains issus de la pauvreté. Il sera et est toujours détesté par les plus grandes stars de la ligue qui ne tarissent pas d’insultes en parlant de lui ou de son équipe. Laimbeer était cependant un excellent joueur, un des meilleurs de son temps aux trois points et aux rebonds, n’ayant quasiment jamais raté un match de toute sa carrière (ironiquement, il en ratera surtout par expulsion) et a de très bonnes stats globales qui jurent avec sa réputation de brute sans cervelle. On peut d’ailleurs se demander si ça n’était pas juste un personnage crée par Laimbeer pour compenser ses défauts techniques et protéger la réputation de ses coéquipiers en étant le bouc émissaire des médias.

Ennemis jurés de toute la ligue, Les Pistons de Détroit gagnent dans les années 80 le surnom de « Bad Boys », toute l’équipe s’accordant sur une tactique très « rentre dedans » jouant avec les subtilités des règles au niveau du contact et du placement pour pallier à l’écart technique avec leurs plus brillants adversaires. Comme une métaphore de l’état désastreux de la ville, les Pistons adoptent une manière brutale et non orthodoxe de se venger de tout ceux qui les sous estimaient depuis des décennies, avec des joueurs ayant une revanche à prendre sur la vie (comme Dennis Rodman). Il ne faut pas non plus être injuste car les Pistons étaient une des meilleures équipes de l’époque et n’avaient généralement pas besoin de jouer « sale » pour remporter la victoire mais, quand on affronte les Celtics de Bird, les Lakers de Magic, ou les Bulls de Jordan, c’est difficile de les affronter sur un pied d’égalité : les Pistons sont d’ailleurs la seule équipe a avoir vaincu les trois durant les années 80 en playoff. Cette tactique s’avérera payante en 1989 et 1990 où ils gagnent le titre NBA. En 1991 les Pistons passent finalement le flambeau aux Bulls qui gagneront le titre cette année là, en oubliant pas de finir sur un dernier coup d’éclat en quittant le terrain pile a la fin du match sans serrer la main de leurs adversaires. Isiah Thomas sera d’ailleurs unanimement banni de la prestigieuse équipe Dream Team 1992 a cause du comportement passé de son équipe, alors qu’il y avait toute sa place.
Les Pistons gagneront un troisième titre en 2004, mais c’est une autre histoire.


C’est durant leur heure gloire que Bill Laimbeer’s Combat Basketball sort. Le jeu met en scène la société futuriste de 2031 où Laimbeer est devenu le patron de la NBA et a décidé de supprimer les arbitres, d’autoriser les coups ainsi que les armes. Bill est d’ailleurs très en forme, ou bien devenu cyborg, car il est encore sur le paquet à casser des gueules a 75 ans.

Produit opportuniste comme il en existait tant à l’époque, notamment dans le monde du basket (Michael Jordan in the Windy City ou le légendaire Shaq Fu) il n’y pas grand chose à sauver ici. Bill Laimbeer Future Basketball est un portage console de « Future Basketball » sorti sur micro-ordinateurs l’année précédente, avec un thème « Bill Laimbeer » apposé dessus. Se présentant en vue de dessus, ce qui était assez original pour l’époque, ce parti pris nuit aussi grandement a la visibilité des matchs, notamment la position de la balle. Il est très difficile de se situer et de diriger ses joueurs face a des ennemis qui eux n’auront aucun problème à marquer. Le « loop » de gameplay est inintéressant et personne de normalement constitué ne devrait faire plus qu’un match avant de supprimer la rom de son ordinateur (car oui clairement si vous l’avez en boite vaut mieux pas le sortir et conserver son éventuelle valeur). Il n’y a vraiment rien de notable a dire sur celui ci mis à part qu’il est une belle relique d’une période charnière dans le basket américain.
Pour un jeu de basket très arcade où il est possible d’agir avec violence, NBA Jam est et sera toujours la référence.


Si l’histoire des Bad Boys vous intéresse, je laisse quelques vidéos complémentaires a mon article.