Vous connaissez Metroid Prime, le jeu ayant relancé la saga Metroid et révolutionné son concept ? Vous serez content de savoir que le créateur du studio qui l’a conçu est un colossal beauf (douchebag en anglais lui colle aussi bien) responsable d’un des jeux les plus lourds et bas du front de tous les temps. Introduisons Jeff Spangenberg.
Et oui, j’ai mis une image de Samus énervée en vignette, a moitié pour la blague et a moitié car je ne pouvais mettre aucune image du jeu présenté ici qui ne soit pas une femme en maillot.

Spangenberg, après s’être fait la main sur des jeux Amiga, est propulsé sur le devant de la scène par la série des Turok qu’il a crée via son studio Iguana Entertainment. Après avoir été viré de Acclaim (qui ont rachetés son studio) en 1998, il fonde Retro Studios, et obtient un contrat avec Nintendo qui, confiants dû au succès de Turok sur N64, demandent a son équipe de travailler sur un nouvel épisode de la série Metroid en mode FPS sur ordres de Miyamoto himself.
Jeff, enivré par ses succès et ses ambitions, utilise le budget alloué par Nintendo pour financer ses escapades nocturnes, entre prostituées, drogues et soirées délurées, allant même jusqu’à utiliser les serveurs laissés a disposition par Nintendo pour héberger son propre site porno. Il est finalement poussé par la petite porte dû a son impossibilité de travailler sérieusement, avant même d’avoir contribué a la sortie d’un seul jeu, Metroid Prime étant retravaillé de zero avec le succès que l’on sait. Il est laissé avec tout l’argent gagné dans le passé, sa réputation très positive (notamment indirecte après le succès de Metroid Prime) pour faire à peu près ce qu’il veut, et utilise sa carte joker pour créer un nouveau studio (Topheavy Studios) et sortir un projet qui représente VRAIMENT ses valeurs, The Guy Game (traduction : « Le jeu des mecs »).

The Guy Game est un jeu de quizz multijoueur où un présentateur va poser des questions a des femmes en maillot sur la plage. Si elles répondent mal, elles doivent enlever le haut. Voilà, c’est basiquement tout ce qu’il y a a savoir du magnum opus de Jeff.
Chaque manche se compose d’une vidéo tournée sur la plage où un présentateur va poser la même question à une femme en maillot et au joueur. Après avoir répondu a sa question, le joueur devra ensuite deviner si la « hottie » (bonnasse) a eu faux, qui le cas échéant devra baisser son soutien gorges ou relever son t-shirt pour révéler sa poitrine. Principalement composé de questions de culture générale niveau 5e, le but de Guy Game est de proposer une expérience délurée et fofole faisant référence aux films d’éveil a la sexualité tels que les American Pie avec un ton rappelant les émission TV de MTV telles que Next (l’habillage graphique en est très proche). Bien évidemment, tout est tourné et détourné pour avoir un aspect grivois, comme la première manche qui s’appelle « foreplay » (préliminaires) où une barre se remplissant petit à petit représentant l’érection.

Matt Sadler, le présentateur, atteint le rang d’ultra instinct du forceur avec des répliques cinglantes dont Jean Marie Bigard pourrait se plaindre du manque de subtilité. Par exemple, quand il lui est demandé par une participante « ne me donne pas une question trop dure » il répondra « pourtant, j’en ait une bien dure ». Voilà, voilà.


Le problème, ce n’est pas forcément le côté beauf totalement assumé. Non. Le soucis, c’est que ça n’a rien a faire sur une console de jeu vidéo. Le principe même fait qu’il n’a aucune rejouabilité une fois qu’on a vu chaque séquence où une des femmes se trompe de réponse. Et même ainsi, The Guy Game étant un party game, est ce que vous voulez vraiment assister au spectacle de quatre mecs transpirants sur un canapé dans un salon ricanants a la vue d’un téton ? D’autant plus qu’il faudra revoir chaque séquence strictement identiques plusieurs fois (trois fois, chacune de moins en moins censurée) pour atteindre enfin le saint graal de la poitrine, dévoilée durant quelques secondes, après de longues heures de gameplay.
Et puis, soyons honnêtes, a qui se destine le produit? Les dragueurs des plages n’ont pas besoin de ce jeu pour voir des seins, et les ados boutonneux des années 2000 avaient déjà de quoi se faire la main (wink wink) sur les premiers sites pornos en ADSL. Cela va sans dire que Guy Game fut un échec retentissant.
Si ce n’était pas assez pour enterrer le projet, 4 mois après la sortie du jeu une plainte fut déposée par une des participante. En effet, celle ci était mineure durant le tournage du jeu, ce qui transforme donc Guy Game en production pédophile car elle y montre ses seins. The Guy Game est retiré des magasins, interdit, et est un des rares jeux sortis dans le commerce a avoir eu un classement « pornographique » et a avoir été totalement et officiellement interdit.
Il existe depuis une version DVD sous le nom « The Guy Game : Game Over », qui rajoute du contenu bonus, et qui pour une vingtaine de dollars propose déjà une offre plus honnête.
Si vous voulez continuer dans la lancée dans les jeux « sexy » option beauf, il existe aussi dans la même période un superbe BMX XXX par Acclaim (l’ancienne boite de Spangenberg, le monde est petit), qui devait être un Dave Mira Pro BMX 3 mais qui a été refusé par celui ci a cause de l’ambiance… Pas très sportive disons. Pour l’anecdote, l,’objectif ultime est de débloquer des vidéos de strip-tease et un mode « topless » pour les personnages féminins. Il manque juste le mode une seule main…
Et Jeff Spangenberg? Et bien, il a disparu. Il est pas mort, non, il a simplement… Disparu. Toute trace de son existence s’arrête après la sortie de Guy Game. Est ce qu’il a été tué après avoir contracté trop des dettes après l’échec de son jeu? Est ce qu’il a tellement honte de son produit qu’il a préféré faire profil bas? En tout cas, il a quitté le domaine du jeu vidéo, Topheavy a mis la clef sous la porte après une seule production, et son occupation actuelle est totalement inconnue. La seule preuve récente de son œuvre est son nom dans les crédits de la ressortie HD de Turok.
Malgré tout, merci Jeff, grâce à toi existe Retro Studios et Metroid Prime. Dommage pour toi que ton plus grand héritage soit totalement exempt de ton empreinte, même si je pense que personne n’aurait voulu voir une Samus digne de ta vision du bon gout.