Tekken 3 (Arcade & Playstation, 1997-1998)

Déjà réputée après l’essai réussi de Tekken 2, la saga Tekken (dont j’avais déjà parlé pour son premier épisode) atteint la stratosphère avec son troisième épisode qui pose définitivement la série en porte étendard des jeux de combat 3D. L’esthétique, la musique, le gameplay, les graphismes… Tout est parfaitement calibré et devenu culte, restant à ce jour comme l’épisode favori du grand public.

Se situant 20 ans après le second épisode qui appuieras la victoire définitive (pour l’instant…) d’Heihachi sur son fils Kazuya, l’histoire suit Jin Kazama, l’héritier légitime de l’empire Mishima qui redécouvre son héritage en étant retrouvé et entrainé par son grand père après l’assassinat de sa mère par un terrible démon, Ogre. Mais ce n’était qu’un plan savamment mené par le vieux briscard afin de sacrifier Jin et s’emparer du pouvoir d’Ogre.


Ogre dans TTT2.

Le démon Ogre est donc le boss de fin de cet épisode. Monstre millénaire attiré par les combattants puissants, il sème la mort dans le monde entier et absorbe les compétences des artistes martiaux qu’il juge dignes d’être combattus. Le hasard faisant bien les choses, il se bat avec les techniques des personnages de Tekken 2 qui ne sont pas présents dans le 3 : ses victimes confirmées sont : Baek, Jun, King (premier du nom) et Bruce, sans compter tous les absents du roster qui sont aussi par extension considérés comme ses victimes. Il possède donc ici des attaques de : Jun, Bruce, Armor King, Kunimitsu, Wang, Lee, Kazuya, Kuma et Anna. Étrangement, dans cette liste ne figurent pas deux de ses victimes (Baek et King I) sans doute car leurs coups sont recyclés sur d’autres personnages (Hwoarang et King II). Il n’a également pas de raisons d’avoir les coups de Kazuya (qu’il n’a pas pu rencontrer) ainsi que Kuma (qui est jouable dans T3, même si il s’agit du fils du précédent Kuma) ; on excuse sans doute ce qui est une erreur de concordance entre les différentes factions du développeur. Seule Anna, qui n’était pas jouable dans Tekken 3 arcade (où elle est un skin caché de Nina), et dont les coups étaient non exploités a la création d’Ogre, est excusable.

True Ogre dans TTT2.

Une fois Ogre vaincu, il se transforme en sa forme finale en absorbant la vitalité d’Heihachi : True Ogre. Quand il est sur le terrain, les environs sont plongés dans le noir et on ne voit que le sol. Une fois débloqué en tant que personnage jouable, il applique cet effet sur chaque arène du jeu dès qu’il est sélectionné.


Mokujin dans T3.

Mokujin est un mannequin d’entrainement ayant pris vie après le réveil d’Ogre, devenant l’avatar d’un dieu bienfaisant destiné a le contrer. Son nom signifie mot pour mot « la personne de bois ».

Aguerri a l’art du combat du fait de sa fonction de punching ball, il peut maintenant maitriser les techniques de chaque personnage de Tekken. Seules limites, on ne peut pas choisir de quel personnage il volera les traits, et il changera de style de combat a chaque round, ce qui le rend très technique à maitriser mais complétement imprévisible. Quand il est nécessaire d’avoir un accessoire, pas de problème ! Il aura une épée en bois pour copier Yoshimitsu dans cet épisode, et diverses itérations sylvestres des armes fétiches des autres personnages dans les suites. Il sera remplacé par le robot Combot dans Tekken 4 mais reviendra pour de bon dans Tekken 5.

Il y aura d’autres versions du pantin dans les suites, ou plutôt d’autres matières. Dans Tekken Tag Tournament, Tetsujin (« la personne de metal ») fait son apparition comme apparence cachée. Tetsujin arbore aussi un costume doré qui sera surnommé « Kinjin » (« la personne d’or ») et deviendra un personnage a part entière bien plus tard dans Tekken Revolution. Peut-être que la présence des trois boss démoniaques (Ogre, Devil et Unknown) dans TTT justifie la présence de trois formes de Mokujin différentes pour les stopper.

Malgré tout, Mokujin habite inexplicablement dans une forêt peuplée d’hommes de bois, de femmes de bois et d’enfants de bois (comment se reproduisent-ils? Mystère). Dans sa cinématique de fin, l’épouse de Mokujin (qui est aussi traditionnellement son second costume) le force a aller chercher de l’eau a la rivière. Mokujin s’arrête devant une borne Tekken 3 (en bois) et se perds dans une partie effrénée où il joue avec son propre avatar vidéoludique, avant de se faire surprendre par sa femme qui le réprimande et recommence le cycle.

Dans Street Fighter vs Tekken, Mokujin est un mecha contrôlé par Pac-Man. On ne peut pas l’inventer.

Gon est peut-être un des caméos les plus étranges de l’histoire du jeu vidéo. Personnage culte du manga portant son nom, il est un petit dinosaure ayant survécu a l’extinction des espèces, régnant maintenant en roi sur une faune terrifiée par ses sautes d’humeur. Gon est connu pour être un œuvre intégralement sans dialogues qui se base surtout sur la grande qualité de dessin et le dynamisme de ses planches, mues au gré des pérégrinations de son héros. Et ce n’est même pas le premier dinosaure jouable dans Tekken

Il est connu des soirées jeux de combat où, du fait de sa petite taille, il était l’ennemi absolu de tous joueur. Touchable uniquement avec des coups bas, cet atout le rend très peu vulnérable a quasiment tout le monde, et impossible a enchainer lors d’un combo. Ses coups sont aussi absurde, comme son fameux pet qui étourdis l’adversaire. Sa principale qualité et d’être l’ennemi parfait des persos a spam comme Eddie ou Hwoarang qui ne peuvent donc pas le toucher et se feront punir par un pet bien senti (lol). Ces spécificités l’ont rendu banni des tournois, le petit dinosaure incarnant l’anti-jeu par excellence (bien qu’il soit en réalité plutôt simple a vaincre).

Au delà de l’improbabilité de sa présence dans le roster, sa cinématique de fin est aussi extrêmement étrange : on voit Gon évoluer dans la nature, sautant d’animaux en animaux contre leur volonté (comme il a l’habitude de faire dans son manga). Petite séquence animée sympa aux relents de cartoon ? Sauf que si on ne touche pas à la manette, la vidéo se boucle a l’infini. Dans un hommage a son support d’origine, Gon explose tout sur son passage dans une euphorie sans fin.

Gon sera même présent dans le comics de Tekken 3, même si je doute de la légalité de cette apparition.

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