The King of Fighters (1994-2003)

King of Fighters ’94 est disponible quelques mois après Art of Fighting 2. Pensé comme une fusion des deux licences, l’histoire repart de zéro : même si les personnages et leurs origines sont repris, exit la temporalité et certains éléments sont développés différemment (la mort de Geese Howard, a la fin de Real Bout Fatal Fury en 1996 sera le point divergeant la plus notable). La continuité classique continuera de son côté avec des suites propres (Art of Fighting 3, et cinq autres Fatal Fury, dont Garou : Mark of the Wolves) mais sera rapidement délaissée au profit de la licence phare, même si certains personnages seront piochés ci et là, comme Blue Mary ou Kasumi Todoh.

Le poster de KOF94 illustre la rivalité entre les nouvelles et les anciennes mascottes.

Pour lancer cette nouvelle saga, un nouveau personnage principal est intronisé : Kyo Kusanagi, membre du clan éponyme, représente l’équipe Japon, ce qui le transforme de facto en personnage principal de la série ; c’est un délinquant au grand cœur, lycéen a ses heures perdues, et maitre de l’élément du feu (pouvoir caractéristique de sa lignée). Kyo est conçu comme l’opposé de l’archétype du héros karatéka (donc, de Ryu de Street Fighter) : c’est un jeune cool, dans l’ère du temps, insolent et indiscipliné, dont la capacité au combat vient de son héritage et non d’un entrainement drastique : seul un sens de la justice accru les relie, comme de bons héros de shonen. L’équipe japonaise est complétée par Benimaru, combattant excentrique contrôlant l’électricité, et Goro Daimon, judoka a la force herculéenne pouvant causer des tremblements de terre.

Si vous voulez un résumé détaillé des différents scénarios de la série, Cliquez ici ! Je ne les ait pas mis dans l’article principal pour ne pas trop alourdir le texte. Gardez cette page en parralèle de la lecture pour comprendre les relations entre les personnages (ou non, je ne force personne).

La team Japon (Benimaru, Kyo et Daimon, respectivement).

Via divers pretextes scénaristiques plus ou moins tirés par les cheveux, les héros de Fatal Fury seront la team Italie, tandis que ceux d’Art of Fighting seront la team Mexique. En plus des deux séries précédentes, les héros de Psycho Soldier viendront participer au tournoi en tant que team Chine, ainsi que ceux d’Ikari Warriors pour la team Brésil : tous ces personnages seront présents, avec quelques variations, dans tous les épisodes de la saga. Sans compter les quelques ajouts inédits, quatre séries de SNK sont donc représentées dans un crossover qui devient déjà bien plus ambitieux que prévu.

Pour organiser cette ribambelle de personnages conséquente (24 sélectionnables, énorme pour l’époque) un nouveau système est crée, le « TBS », Team Battle System. On ne sélectionne ici pas un personnage mais une team de 3 qui combattront dans un ordre choisi avant le round, comme une sorte de prototype du système de « tag team » bien connu aujourd’hui (qui sera crée pour un autre jeu de SNK, Kizuna Encouter, en 1996, un des jeux les plus chers de tous les temps dans sa version Neo Geo européenne de par sa rareté). Entre chaque round, la vie ne remonte pas entièrement pour le gagnant, ce qui rajoutera une couche de stratégie sur l’ordre sélectionné.

Le thème de la team Japan se nomme Esaka, comme la station de train située près des bureaux de SNK.

Suivant l’histoire initiée dans Fatal Fury, nombres de combattants illustres sont invités a la troisième édition du King of Fighters organisée par le mystérieux R. Le boss final est Rugal Bernstein, un riche trafiquant d’armes, vivant sur une plate forme au milieu de la mer qui, comme un comte Zaroff moderne, désire vaincre les êtres les plus forts pour prouver sa supériorité sur l’humanité.

Dans son repère secret, Rugal expose les corps des combattants morts sous ses coups sous forme de statue. : on peut voir derrière lui Guile, Akuma, Zangief, Fei Long et Ryu de Street Fighter, comme un pied de nez à la série de Capcom. (il y aurait aussi supposément Reiji Oyama de Power Instint dans les victimes). Le « King of Fighters », celui qui remportera le tournoi éponyme en vainquant Rugal, aura donc surpassé celui ayant tué les personnages de Street Fighter II ; Kyo, le futur gagnant, est donc subtilement intronisé comme combattant ultime de l’univers des jeux de combat.

Bien plus tard, dans Capcom vs SNK en 2000, si Guile et Rugal s’affrontent, Rugal invoque une statut de Guile , ce dernier la détruisant d’un seul sonic boom bien senti.

Rugal est notoirement connu pour son attaque bien nommée « Genocide Cutter » qui tape sur la moitié de l’écran, est imparable et enlève 3/4 de barre de vie à chaque fois qu’elle touche. Cette attaque est imprévisible, et une grosse partie du combat sera du hasard, Rugal pouvant spammer en boucle sans aucun contre possible. Elle peut même tuer en un seul coup si la barre de vie de Rugal est quasiment vide ! Dans la grande lignée des boss de fin de jeux SNK, le combat est très difficile, ce qui créera le terme de « SNK boss syndrome » pour signifier un boss de fin beaucoup trop injuste et frustrant (on parle de jeux d’arcade, où il fallait forcer les joueurs à perdre le plus possible et leur faire mettre des pièces).

Cet épisode aura droit a un remake en 2004 sur PS2, King of Fighters 94 Re-Bout, mais il a été mal reçu par les fans qui ont préféré l’oublier.


L’année suivante sort King of Fighters 95, qui, par manque de temps de développement, n’apporte pas beaucoup de nouveautés. Rugal est de retour, ayant survécu a l’explosion de sa base, et organise un nouveau tournoi pour (logiquement) se venger. Le seul personnage inédit est Iori Yagami, héritier de la famille rivale des Kusanagi qui possède une version corrompue de la flamme de Kyo, arborant une couleur violette. Caractérisé par sa personnalité complexe oscillant entre ennemi et anti-héros, Iori deviendra une icône dans la saga, voire dans le paysage vidéoludique japonais des années 90, de par son charisme indéniable sublimé par ses animations (où il se bat comme une bête sauvage) et son doublage (notamment son cri guttural).

Iori Yagami.

Pour participer au tournoi, Iori a dérobé l’invitation de la team Sports USA qui n’est donc pas disponible dans le jeu, ce qui deviendra un running gag récurrent : les trois personnages de la team USA se font fréquemment voler leur place, ou ne sont simplement plus invités, au point qu’ils ne sont jamais plus réapparus dans un jeu canonique de la saga. Le concept de team par pays est abandonné, la plupart des personnages étant originaire du Japon ou des USA ; à partir de maintenant, les équipes sont organisées selon une thématique propre (série d’origine, affiliations…) et on peut choisir qui on souhaite pour les composer, ce qui permettra d’avoir des alliances menant à des scénarios cachés. Ains, la team de Kyo, Benimaru et Daimon devient ici la « team Hero », qui sera ensuite traditionnellement celle du protagoniste désigné de l’année (inchangée jusqu’à KOF 99). Il y a maintenant 24 personnages jouables en tout, dont trois nouveaux : l’équipe de Samurai Shodown (autre jeu de combat très populaire de SNK) a été envisagée, mais n’a pas été rajoutée par manque de temps (et ne le sera pas avant KOF XV).

Rugal est de retour en boss final avec une nouvelle forme, « Omega Rugal ». Encore plus redoutable qu’en 1994. Il devient l’archétype du boss imbattable, et restera un des plus forts de la série (même si paradoxalement il est le boss le plus faible dans le scénario). Il restera mort à partir de ce moment là, mais reviendra dans les épisodes « dream match » (où tous les personnages jusqu’alors sont présents), toujours comme un affrontement caché très difficile. Dans King of Fighters XV, il inaugurera un mode « SNK boss » où il est censé reprendre les propriété qui ont rendues sont affrontement légendaire.


KOF 96 dévoile la véritable intrigue de la saga : les capacités hors normes de Kyo et Iori sont liées à une puissance ancestrale maléfique qu’ils devront repousser, avec l’aide de deux autres personnages rajoutés a cet épisode, Leona et Chizuru. Cet ennemi supposé invincible, Orochi, tire son origine de la légende japonaise du Yamata-no-Orochi, où le dragon Orochi est vaincu par l’épée de Kusanagi (en gros). Le roster atteint 26 personnages, dont 9 nouveaux.

Après un épisode se reposant beaucoup sur ses acquis, KOF ’96 se permet le luxe d’améliorer la formule en retravaillant tout l’aspect artistique et technique de l’ensemble. Ainsi, les sprites, les décors et la beauté globale du titre sont sublimés, devant le mètre étalon de la série. C’est peut-être mon favori de par son ambiance, sa bande son, et le fait que l’organisateur du tournoi soit un personnage héroïque apporte une touche originale bienvenue. Ceci étant dit, c’est surtout un prologue pour l’épisode suivant, ils sont donc indissociables…


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