The King of Fighters (1994-2003)

SNK, en 1996, est au top de sa forme. La Neo Geo est déjà légendaire, leurs jeux d’arcade cartonnent systématiquement, il existe même depuis 1992 leur propre franchise de salles d’arcade, les Neo Geo Land, qui font toujours salle pleine a chaque sortie d’un nouveau King of Fighters : même si il est quasiment impossible de trouver des chiffres officiels de vente des bornes d’arcade, SNK a engrangé toutes activités confondues à peu près 272 millions d’euros en 1996. D’ailleurs, dans les cuvées 95 a 98, un niveau caché met en scène les salles éponymes. D’autres établissements ouvriront en 1995, les Neo Geo World, plus axés sur des activités à destination du grand public, notamment des manèges ; il y en a même un a São Paulo qui existe toujours ! Un magazine dédié aux actualités sur SNK, renfermant des informations croustillante sur leurs jeux, Neo Geo Freak, a été publié de 1995 a 2000.

L’arène de KOF 95.

Dès le succès du premier épisode confirmé, The King of Fighters est amorcé comme un projet multimédia. Ainsi, pour découvrir les événements précédent l’épisode ’94, il fallait se procurer un CD « drama » (une sorte de saga audio). Chaque doubleur du jeu reprends son rôle pour l’occasion, et jouera traditionnellement son personnage attitré dès que l’occasion se présentera, quel que soit le média ; chaque jeu de la série aura droit a son CD Drama pour raconter des événements extérieurs à l’intrigue principale. De la même manière, l’histoire entre KOF 95 et 96 sera dans un manga, King of Fighters Kyo : c’est là où le premier affrontement entre Kyo et Goenitz prendra place, et ne sera jamais expliqué dans le jeu lui même. Enfin, pour savoir ce qu’il se passe entre KOF 96 et 97, il faudra jouer a un RPG exclusif a la PS1 également nommé King of Fighters Kyo (qui introduira sa famille étendue). Cela va sans dire qu’aucun de ces éléments n’a été traduit en anglais officiellement, il faudra donc se contenter de fantrad (celle du manga n’a pas été terminée, et celle du jeu est seulement en espagnol) ou de retranscriptions écrites.

KOF Kyo sur PS1 reprends l’esthétique du manga, avec le même dessinateur.

La traduction anglaise officielle, présente sur tous les épisodes arcade en dehors du Japon, ne facilite pas cette incompréhension globale de la license. Elle est manifestivement conçue par un prototype de google trad tant elle est mauvaise, ajoutant des insultes, changeant les motivations des personnages, quand elle n’emploie pas des expressions inexistantes et/ou grammaticalement erronées comme catchphrase. Certains dialogues sont tout bonnement incompréhensibles, laissant le joueur occidental dans le flou le plus total quant au scénario réel de la série.

Ce que je trouve étrange, c’est qu’il n’y a eu aucun anime adaptant King of Fighters dans ces années là alors que cela aurait pu permettre d’apporter un élément simple à consulter pour se référer a l’histoire du jeu. Il y a pourtant eu des adaptations des autres séries de combat de SNK en films et séries… Mystère.

Kyo et Yuki.

Ces projets « cross media » sont maintenant considérés comme « non canon » ou « semi canon », mais comme certains éléments de l’histoire sont incompréhensible sans les consulter, je pense qu’ils sont quand même essentiels. Ils décrivent les événements plus « calmes » entre chaque tournoi, les relations amicales entre les personnages, et permettent d’introduire un « supporting cast » de non combattants. Ainsi, Yuki, la petite amie de Kyo, n’est développée que dans les œuvres annexes, bien que brièvement présente dans les jeux principaux (au fond de l’arène au Japon dans KOF 94 et dans la fin de KOF 97).

Yuki est au fond, a gauche du panneau.

Un organigramme complet des relations, tiré du livre « The King of Fighters 94-97 Complete Recording » :

Un « jeu » exclusif a la Neo Geo CD est sorti en 1996, une sorte d’encyclopédie sur la série comportant des informations sur le cast de King of Fighters 96, comportant une énorme quantité de texte intégralement doublé. C’est une mine d’or d’informations, avec d’innombrables anecdotes inédites, qui permettent d’humaniser les personnages en leur ajoutant des passions, des traits d’humeur ou des aspirations qu’on ne pourrait pas connaitre autrement. Celui-ci a par contre été traduit en anglais dans une vidéo YouTube (il n’y a aucun intérêt d’y jouer en émulation de toute façon). J’aime particulièrement les disciples d’Orochi qui, malgré leur adoration d’un dieu désirant détruire l’humanité, ont des passions comme l’escalade (Goenitz), le snowboard (Mature) ou collectionner les comics, en particulier ceux de Dan Brereton (Vice).


Pendant ce temps, dans un monde parallèle !

Au lieu de régler leurs problèmes avec leurs poings, nos héros préfèrent ici les régler en chanson. Athéna au chant, évidemment, Iori a la basse (il en joue aussi dans KOF) et des choix plus étranges pour le reste du groupe : Kyo a la guitare, Terry a la batterie, et…. Nakoruru de Samurai Shodown au synthé (elle est originaire du Japon féodal, mais pourquoi pas). Ensemble, ils sont les… Band of Fighters !

Le groupe se met en scène pour jouer les OST des jeux en concert, et anime des CD humoristiques absurdes, les NEO-GEO DJ Station, où Athena gère une radio diffusant les musiques des jeux SNK. Les doubleurs eux mêmes jouent le jeu en montant sur scène dans le rôle de leur personnage pour l’occasion, malgré un manque flagrant de talent au chant pour certains, dont ils sont parfaitement conscients. Leur hymne sera le « Band of Fighters II », où plusieurs personnages chantent ensemble dans un bœuf délirant qui change fréquemment d’interprète, selon les acteurs disponibles sur le moment.

En 1996, un spectacle d’animatronique sur le Band of Fighters est présenté dans les Neo Geo World, et c’est bien « uncanny valley ». Je vous laisse savourer.

Le Band of Fighters fera, après 20 ans d’absence, un caméo dans la fin de Shermie de SNK Heroines.

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